Rester fort face à un diagnostic de cancer du sang

Notre histoire

Il existe plus de 100 types de cancer du sang et de troubles apparentés différents, et il n’y a pas deux diagnostics semblables. Mais Alain et William conviennent qu’une attitude positive et une équipe médicale extraordinaire ont joué un rôle essentiel dans l’atteinte de leur rémission.

Alain, qui a reçu un diagnostic de leucémie lymphoïde chronique (LLC) en mai 2020

« Lorsque j’ai reçu mon diagnostic, nous étions en pleine pandémie. J’étais à l’hôpital. J’étais seul. Lorsque j’ai reçu le diagnostic, je ne me suis pas mis à pleurer. Je ne me suis pas recroquevillé dans mon lit ni renfermé dans ma bulle. Non. J’ai dit au médecin d’y aller, sans hésitation. Vous connaissez votre métier, c’est votre travail, faites ce qui doit être fait. Nous ne sommes plus en 1921, nous sommes en 2021. Il y a tellement de choses qui ont changé dans la recherche sur le cancer. J’ai fait confiance aux connaissances des médecins qui me traitaient, et je suis resté positif.

Pour mes traitements, j’ai dû me rendre à Alma, qui est à plus d’une heure de chez moi. Mais ma partenaire et moi avons rendu le trajet agréable en le faisant dans notre jolie petite décapotable. Nous conduisions avec la capote baissée lorsque le soleil brillait. L’inconvénient, c’était la distance, mais à part cela, j’étais très bien traité par l’équipe d’oncologie là-bas. Et mon traitement s’est très bien passé.

L’aspect négatif du diagnostic est le mot « cancer » lui-même. C’est un mot terrifiant, qui fait tellement mal quand on l’entend. Mais je suis sûr qu’un jour, cela deviendra un mot banal.

J’ai 62 ans, je ne suis pas prêt à mourir, c’est beaucoup trop tôt, je suis bien trop en forme pour ça. J’ai trop de choses à faire. Je prends des photos, je fais de la musique, nous marchons, nous faisons un peu de vélo.

Aux autres personnes qui traversent cette épreuve, je veux juste dire de rester concentrées. Tout ira bien, mettez-vous ça dans la tête. Continuez avec cet état d’esprit et gardez espoir. Ayez espoir, gardez la tête haute, et regardez devant vous le reste de votre vie. »

William, qui a reçu un diagnostic de leucémie myéloïde aiguë (LMA) en novembre 2019

« Mon parcours a commencé au printemps 2015. Un test sanguin de routine – grâce à ma charmante épouse – a révélé que j’étais atteint de myélofibrose. Mais je ne me sentais pas malade. En fait, je n’avais jamais rien eu de ma vie, à part une blessure sportive occasionnelle. J’ai toujours été très actif. J’ai eu trois enfants avec lesquels je skie. À l’époque, j’étais directeur d’une école secondaire. Et je saisissais toutes les occasions d’être dehors et de participer à des activités sportives tout au long de l’année.

Heureusement, j’ai immédiatement reçu un traitement médicamenteux. Et les quelques années suivantes, je n’ai jamais eu de symptômes. J’ai continué à vivre ma vie, à travailler (jusqu’à ce que je prenne ma retraite en juin 2016) et à être actif. Et je n’ai jamais manqué un bilan de santé. Mais à l’automne 2019, mes résultats sanguins étaient hors normes. En l’espace de deux semaines, mon hématologue à l’Hôpital Princess Margaret avait diagnostiqué que j’étais atteint de LMA.

Nous avons discuté des options, qui étaient limitées. Mais j’ai compris qu’en l’absence de traitement, le pronostic n’est pas bon. Je devais me battre. Nous devions nous battre. Ma femme s’est tournée vers moi et m’a dit “On va y arriver!” Nous avons choisi l’option la plus effractive, qui comprenait une greffe de cellules souches, mais je devais d’abord subir plusieurs cycles d’immunothérapie, qui ont commencé en décembre 2019. Et le 22 février 2020, j’ai été admis à l’Hôpital Princess Margaret pour les étapes finales de préparation à la greffe.

Après ma greffe, alors que je me tenais debout dans ma chambre d’hôpital, je ne pouvais que me concentrer sur le tableau blanc qui m’indiquait le jour de ma sortie. Tout ce que j’avais à faire était d’attendre patiemment 30 jours. Fait intéressant, au milieu de mon séjour à l’hôpital, la COVID a frappé. Lorsque je regardais par la fenêtre de ma chambre d’hôpital au 14e étage, la vue de Toronto avait changé. Il n’y avait plus de voitures en mouvement. Le calme s’était installé. Le monde s’était arrêté.

 

Lorsque je suis finalement rentré chez moi, nous étions confinés. Pour traverser la période d’attente, je me suis dit que je devais être le meilleur patient au monde. Et ma femme devait être la meilleure chercheuse scientifique du monde. Je n’avais pas l’état d’esprit nécessaire pour lire tout ce qui concernait les taux de survie, les médicaments et le syndrome de réaction du greffon contre l’hôte, mais elle l’a fait pour moi.

Je me suis juste concentré sur ce que je devais faire pour aller mieux et avoir une attitude positive. Je faisais de l’exercice régulièrement et j’ai adopté des habitudes alimentaires saines. Petit à petit, je me suis sevré de mes médicaments et lorsque j’ai atteint la marque d’un an de rémission (en mars 2021), je ne prenais plus de médicaments du tout. Depuis ma greffe, 18 mois se sont écoulés, et je vais très bien.

À mon retour à la maison, mon fils Peter m’a dit : “Papa, tu t’en es sorti parce que tu as trop de choses à faire, tu es trop occupé, il n’y avait donc pas d’autre issue possible”.

Je suis vraiment très reconnaissant envers toutes les personnes concernées : tous les patients qui m’ont précédé, le personnel de l’hôpital, les chercheurs et ma famille. Dans mon cas, la LMA n’a pas été une condamnation à mort, mais je comprends que le parcours de chacun est différent. Une approche positive et déterminée m’a aidé à atteindre ce résultat.

Maintenant, j’ai hâte de passer du temps avec ma famille, avec ma femme. De skier. De recommencer à vivre ma vie. »

[Ces cas pourraient ne pas être représentatifs de la population générale.]