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Une vision intégrale des patients : la Dre Marissa Joseph nommée titulaire de la chaire AbbVie inaugurale en dermatologie ethnique

Montrer aux patients que nous les prenons en considération et les comprenons est au centre des soins prodigués aux patients, affirme la dermatologue Dre Marissa Joseph. C’est d’ailleurs le principe qui sous-tend son travail en tant que titulaire de la chaire AbbVie inaugurale en dermatologie ethnique à la faculté de médecine Temerty de l’Université de Toronto.

Fondamentalement, la dermatologie ethnique vise à déterminer si la manière dont les maladies cutanées sont étudiées, enseignées et traitées reflète véritablement les personnes qui veulent obtenir des soins. Ces questions ne sont pas nouvelles, mais elles ont rarement fait l’objet d’une attention soutenue en médecine universitaire. En tant que titulaire de la chaire AbbVie, la Dre Joseph apportera une vision à long terme et un leadership dans un domaine visant à améliorer l’expérience que des personnes de diverses origines ethniques et ayant différents types de peau ont des soins dermatologiques.

Créée grâce à un don historique de 3 millions de dollars d’AbbVie, cette chaire dotée a été mise en place pour soutenir la recherche, l’éducation et la pratique clinique afin de mieux refléter la diversité des personnes atteintes de maladies de la peau au Canada et partout dans le monde. Avec la récente nomination de la Dre Joseph, cet engagement dispose désormais d’une responsable dévouée et d’un objectif clair axé sur les patients.

« Je suis d’avis que la dermatologie ethnique se situe vraiment à la croisée de la science, de l’équité et des soins prodigués aux patients en situation réelle », explique la Dre Joseph, qui, en plus d’être membre de longue date du corps professoral de la division de dermatologie de la faculté de médecine Temerty, est aussi Directrice médicale du centre de dermatologie RKS du Women’s College Hospital. « C’est là que ce travail revêt toute son importance : dans les résultats, dans la confiance et dans la manière dont nous servons nos communautés. »

Dre Marissa Joseph

En tant que spécialité visuelle, la dermatologie s’appuie depuis longtemps sur la reconnaissance des motifs, force qui a aussi façonné la manière dont elle est enseignée et pratiquée. Cependant, la Dre Joseph note que ces motifs ont toujours reflété un éventail plus restreint de personnes que celles qui veulent obtenir des soins. Par exemple, on enseigne aux médecins à déceler les « rougeurs » comme signe clé d’inflammation, mais celles-ci ne sont pas toujours présentes chez les personnes ayant un teint plus pigmenté.

Pourtant, la Dre Joseph considère que son domaine et son nouveau rôle vont bien au-delà de la simple promotion d’une meilleure représentation dans les manuels scolaires et les lignes directrices cliniques.

« Il s’agit de la manière dont la maladie est prise en charge, dont les traitements sont étudiés et dont les cliniciens se sentent confiants lorsqu’ils prennent des décisions », explique-t-elle.

Cette orientation s’étend à la conception et à la réalisation même de la recherche clinique. La Dre Joseph note que de nombreux traitements dermatologiques, surtout ceux destinés aux maladies immunitaires à évolution rapide, ont été étudiés chez des populations qui ne reflétaient pas pleinement la diversité des personnes qui les reçoivent aujourd’hui. Par conséquent, les questions relatives à l’efficacité, à l’innocuité et à la réponse en situation réelle n’ont pas toujours trouvé de réponse à un même degré pour toutes les personnes touchées par des affections cutanées.

 En tant titulaire de la chaire AbbVie, la Dre Joseph encouragera une recherche dermatologique qui inclut délibérément des populations diverses, non seulement pour améliorer l’équité, mais aussi pour renforcer les données probantes sur lesquelles s’appuient les cliniciens lorsqu’ils prennent des décisions relatives au traitement. Selon elle, des études plus représentatives permettent d’offrir des soins plus précis, plus fiables et plus efficaces à tous.

« La recherche a une incidence directe sur la pratique, dit-elle. Si certaines personnes ne sont pas incluses dans une grande proportion dans les études cliniques, la même lacune sera présente en clinique. »

Son mandat couvre aussi l’éducation et la traduction clinique. En tant que titulaire de la chaire AbbVie, la Dre Joseph veillera à ce que les futurs cliniciens soient formés pour traiter en toute confiance tous les types de peau, et soutiendra l’adoption de nouvelles connaissances dans la pratique clinique quotidienne.

Selon elle, c’est pendant la formation que les changements les plus transformateurs et les plus durables peuvent s’opérer.

« Lorsque les stagiaires apprennent à évaluer les maladies cutanées sur divers types de peau et comprennent les obstacles auxquels les patients sont confrontés pour accéder aux soins, ces connaissances les accompagnent tout au long de leur carrière, explique la Dre Joseph. La formation devient un outil de guérison. »

Et ce travail en formation s’étendra bien au-delà de la dermatologie. Au Canada, la plupart des affections cutanées sont évaluées et traitées par des médecins de famille, des pédiatres et des urgentologues, ce qui rend indispensable une formation plus large et accessible en dermatologie.

« Les dermatologues représentent une très petite partie des cliniciens qui traitent les maladies cutanées, précise la Dre Joseph. Si nous voulons changer la manière dont les soins sont prodigués, nous devons nous adresser à toutes les personnes concernées, depuis la formation médicale de premier cycle jusqu’au perfectionnement professionnel continu dans toutes les spécialités. »

De plus, la sensibilisation et le partenariat sont au cœur du mandat de la chaire AbbVie. La Dre Joseph souligne l’importance de travailler en collaboration avec les communautés et les professionnels de la santé afin de comprendre les expériences vécues, d’instaurer la confiance et de garantir des soins adaptés à la culture.

« Lorsque la médecine devient plus inclusive, elle devient plus précise, dit-elle. Et lorsque les patients sentent qu’on les écoute et les comprend, ils sont plus enclins à participer pleinement à leur traitement. La confiance n’est pas rien; elle a une incidence directe sur la santé. »

Le travail de la Dre Joseph sera aussi axé sur la responsabilisation : fixer des objectifs significatifs, mesurer les progrès accomplis et veiller à ce que les engagements en faveur de l’équité ne se limitent pas à des moments d’attention accrue.

« Cela ne peut pas être lié au rendement, affirme-t-elle. Si nous voulons vraiment changer les choses, nous devons réfléchir à ce que nous avons réellement accompli et nous demander si cela a fait une différence. »

Le Dr Vincent Piguet, Directeur du département de dermatologie de la faculté de médecine Temerty, affirme que la nomination de la Dre Joseph reflète à la fois l’urgence du moment et l’ampleur de sa vision.

« Je suis ravi que la Dre Joseph ait été nommée titulaire de la chaire AbbVie inaugurale en dermatologie ethnique, déclare-t-il. Au cours des huit années qui se sont écoulées depuis que j’ai été recruté pour diriger le programme de dermatologie de l’Université de Toronto, j’ai vu notre division se développer considérablement. Soutenir le perfectionnement professionnel et la renommée internationale de la Dre Joseph s’inscrit naturellement dans le prolongement de notre engagement en faveur de l’excellence académique. Elle apporte une expertise clinique exceptionnelle, des compétences pédagogiques hors pair, une rigueur scientifique et une approche fondée sur des données probantes pour faire progresser l’équité en matière de santé. »

Dr Vincent Piguet

À mesure que la population canadienne continue de se diversifier, l’impact de la chaire AbbVie dépassera largement le domaine de la dermatologie. La peau est souvent le premier endroit où apparaissent les maladies généralisées, ce qui rend une évaluation précise essentielle pour poser le bon diagnostic et établir un plan de traitement approprié.

Stéphanie Sauvageau

La nomination de la Dre Joseph marque une étape importante dans l’engagement à long terme d’AbbVie en faveur de l’équité dans la recherche et les soins de santé.

« La création de la chaire AbbVie en dermatologie ethnique visait à catalyser un changement significatif et durable », explique Stéphanie Sauvageau, Directrice, Affaires médicales chez AbbVie Canada. « Le travail de la Dre Joseph donne vie à cet engagement et contribuera à s’assurer que la dermatologie continue d’évoluer de manière à refléter la diversité des personnes desservies. »

Les chaires dotées sont conçues dans une perspective à long terme, fournissant le temps et les ressources nécessaires à un leadership durable. Pour la Dre Joseph, cette permanence revêt une grande importance.

« Une grande partie du travail universitaire se fait à l’extérieur du bureau, dit-elle. Le temps consacré à cette tâche permet de la mener de manière intentionnelle, collaborative et efficace, et souligne son importance. »

Cependant, son objectif en tant que titulaire de la chaire AbbVie sera simple.

« Il s’agit de voir les patients de manière intégrale, explique la Dre Joseph. Lorsque la science, la formation et les soins reflètent cette façon de voir, tout le monde en bénéficie. »